30.07.2007

Reviviscence

L’attente fut longue, le résultat est incroyable.

J’ai rasé la quasi totalité de la vie sur cette planète, et les morceaux, vagues débris d’une destruction que je croyais immuable, ont fini par se recoller.

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Des espèces animales ont disparu, à commencer par les plus grandes et les plus impressionnantes : ce que j’ai appelé les dinosaures. Paradoxalement, la planète doit sa survie aux bactéries, aux cellules, aux plantes. Toutes ces petites choses qui semblent anodines et qui ne sont pourtant rien de moins que la nouvelle plume recommençant l’écriture d’une nouvelle copie, après ce brouillon brûlé par simple curiosité.

Tout recommence. La volonté de la bactérie originelle est immuable. Est-ce moi, inconsciemment, qui au souhaité cette renaissance et qui ai influé sur le fonctionnement des multiples organismes, plantes et animaux qui jonchent cette boule incompréhensible ?

L’adaptation est le mot que j’utiliserais pour qualifier ce dont je suis le spectateur. Lorsque la chaleur a envahi toute la surface de la planète, les organismes survivants ont su s’adapter à ce monde de cendres pour former des vies nouvelles plus résistantes. L’autonomie des cellules leur permet de modifier à leur gré le fonctionnement de cette machinerie. Il n’y a plus d’eau ? Créons des pattes pour fouler le sol. La tortue est vulnérable ? Dotons la d’une carapace.

Je n’ai pas eu la patience d’attendre la première fois. Maintenant, je sais qu’il est inutile de détruire pour altérer le fonctionnement de ma création. C’est inutile car elle s’adapte pour continuer sa route vers quelque chose. Vers un être parfait qui serait l’adaptation finale à tous ces aléas extérieurs ?

Attendons.

14:12 Publié dans Fin ou recommencement? | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note

10.07.2007

Impact

Cher journal,

A force d’incompréhension j’en suis venu à agir. J’ai dévié un énorme déchet de l’univers sur la planète. Le choc a été brutal et destructeur, comme je le voulais.

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L'onde causée par l'impact a rayonné dans l'atmosphère. Les forêts ont été rasées et les animaux décimés. Des débris de roches ont été éjectés sur toute la surface du globe.

Tout est embrasé, un nuage de poussière recouvre le ciel et tout est plongé dans l’obscurité. Pour les rares survivants à cette explosion, la vie semble difficile. Je pense que cela vient de la poussière qui flotte et qui se loge dans leur corps. Ils se nourrissaient d’air vide auparavant, et maintenant se meurent petit à petit.

Il reste maintenant à voir si la logique de cycle à laquelle je pensais se confirme. Tout repart de zéro. Est ce la fin ou le recommencement ?  Ai-je brisé la volonté inconsciente de cette curieuse boule qui semblait la pousser à terminer son évolution coûte que coûte ?

10:45 Publié dans Fin ou recommencement? | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

21.06.2007

Un chantier au but inconnu

Cher journal,

J’avais raison. L’évolution se poursuit et la variété des créatures est maintenant très impressionnante. Du frêle moustique jusqu’à l’imposant dinosaure, tout ce petit monde vit et meurt avec le même but.

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Ce but, c’est celui de la bactérie, celui des cellules, celui du poisson : se multiplier. Comme si, conscients de leur inévitable mort, ils continuaient un chantier commun, une mission, en se perpétuant par la reproduction. L’addition est toujours la même : une créature semble donner quelque chose à une autre au cours d’un acte spécifique. La créature réceptrice, au bout d’un temps variable, donne naissance à une progéniture du même type. Je pense que ce schéma de binôme complémentaire s’applique également sur les plantes et certaines fleurs.

L’évolution et l’accroissement de l’intelligence de ces êtres est une constante. Curieusement, les premiers stades de cette évolution (ma bactérie de départ par exemple) ne disparaissent pas de la planète, mais restent au contraire en communauté avec les autres, et semblent même leur servir, par exemple pour se nourrir. Un gigantesque regroupement hétéroclite d’êtres complémentaires et interdépendants est en train de se construire. J’attend impatiemment le produit fini de cette complexe machinerie pour comprendre ce que j’ai créé.

Je compte intervenir prochainement si la réponse ne vient pas.

13:45 Publié dans Les fondations du chantier | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note